Concours d’éloquence


Nous nous étions donné rendez-vous lundi dernier pour le célèbre concours d’éloquence ELSA Louvain-la-Neuve afin de nous laisser entraîner, surprendre, subjuguer, et nous n’avons pas été déçus ! Cette année encore les participants ont rivalisé d’aisance, d’audace et d’habileté nous offrant, ce faisant, le plus beau des spectacles.

Revenons ensemble sur les meilleurs moments de la soirée.

C’est avec émotion que le concours a débuté. Par le biais d’une déclamation poétique, Lucie prit le parti d’exposer le parcours difficile d’un migrant et de le confronter au quotidien qui est le nôtre. C’est en soulignant l’insécurité des uns et la passivité des autres, en mettant en évidence les inégalités, et en dépeignant les injustices criantes du système dans lequel nous vivons qu’elle capta notre attention alors même que la compilation de textes qu’elle proposait nous invitait à transcender nos peurs et à tendre une main à l’autre afin d’avancer, et ce “avec ou sans papier ».

Ce fut ensuite à Raphaël de nous convaincre en se faisant défenseur de la cause animale. Maniant avec la même aisance le registre pathétique et comique, le candidat – dont la jeunesse n’a paradoxalement d’égal que la maturité scénique – nous entraîna dans une valse frénétique passant sans cesse du rire aux larmes. Par un tour de force qui laissa le jury pantois, il sut en un discours sensibiliser intelligemment l’ensemble de son public à la cause défendue.

Vint alors le tour de Benoît qui choisit de nous entretenir des ragots. L’humour dont il fit preuve aussi désopilant que ludique fut l’instrument par lequel il mit en exergue non seulement notre penchant naturel pour les messes basses, mais aussi leurs effets contrastés en fonction des sexes. Le candidat ne s’arrêta toutefois pas là puisqu’il en vint même à traiter de manière documentée des bienfaits que les ragots peuvent contenir. Une plaidoirie au ton léger, mais instructif à déguster sans modération !

« L’État nous a coupé les ailes » est la thèse dont Adeline s’est faite l’avocate d’un soir. C’est avec une diction et une prestance rares que la candidate de Master 2 est revenue sur des sujets d’actualité divers, tels que l’utilisation de données électroniques, l’affaire Snowden, et le terrorisme. C’est en en proposant une lecture très personnelle qu’elle les mit chaque fois en lien avec le contrôle grandissant de l’État à l’égard des particuliers. Une thématique osée qui aurait sans doute intéressé plus d’un constitutionnaliste !

C’est sur la prestation de Lahoucine que la soirée se clôtura. Le dernier candidat revint sur la question de la maltraitance animale en proposant un second point de vue très différent du premier. D’une théâtralité qui ne laissa pas son audience indifférente, il osa une réflexion plus théologique sur la question afin de dédiaboliser le rapport de l’Homme à l’animal. S’appuyant notamment sur les traditions juive et musulmane il nous revint sur le sens premier des mots « casher » et « halal » ainsi que sur leurs implications et applications concrètes. Ces considérations furent mises au service d’une plaidoirie culturellement riche.

Félicitations à nos deux vainqueurs, Raphaël et Adeline, mais également à chacun des candidats qui, par des mots tantôt doux, tantôt crus, mais toujours bien choisis, ont réussi à nous faire réfléchir, à nous transporter, mais aussi à nous distraire. Merci, enfin, à chacun d’entre vous sur les gradins sans qui tout cela aurait été impossible.

Alors, déçu d’avoir manqué la quatrième édition du concours d’éloquence ELSA ? Tu as bien raison ! Il n’est cependant pas trop tard pour assister aux activités à venir, n’hésite pas à te rendre sur notre page pour plus d’info !

 

Rendez-vous pour notre prochain événement, une conférence sur le thème de la Cyberjustice, mardi 21 novembre !
 

 

Par Eve-Anna Caristan-L.

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